MÉDITATION DU 3 NOVEMBRE 2021
Lecture : Deutéronome 9.11-12
Le Seigneur annonce à son serviteur Moïse que le peuple s’est corrompu et l’envoie pour qu’il constate la situation. Fait inusité, le Seigneur désigne les Israélites non pas comme son peuple mais comme ton peuple, c’est-à-dire le peuple de Moïse, en lui attribuant la sortie d’Égypte. La formulation fait penser à celle où Adam se désolidarise de son épouse [Genèse 3.12].
Il est possible que le Seigneur ait parlé ainsi afin de rappeler à Moïse que ce peuple est aussi son peuple et qu’il doit remplir son rôle de médiateur, d’intercesseur, ce que Moïse fit [Exode 32.11-13].
Le Seigneur informe Moïse de son intention de détruire ce peuple en raison de sa rébellion. Mais aussi, le Seigneur offre à Moïse de repartir le projet de se faire un peuple saint avec Moïse et ses descendants [Deutéronome 9.14]. Moïse aurait pu devenir l’unique branche du tronc abrahamique et fondateur du nouveau départ.
Le scénario aurait été impossible à l’intérieur de l’ancienne alliance. En effet, celle-ci prévoyait la royauté au sein de la descendance de Juda. Éliminer toute la nation excepté Moïse et ses descendants aurait conduit à un peuple composé que de Lévites, mais sans possibilité de roi. Comme le messie promis devait être de la lignée de Juda, les clauses de l’alliance n’auraient pu être maintenues. Nous devons comprendre que le Seigneur n’a pas proposé cela avec l’intention de l’accomplir mais plutôt afin de faire réaliser à Moïse la nécessité qu’il intervienne.
Moïse aurait pu y voir un prestige à portée de main. Au contraire, Moïse, un homme dont l’humilité était remarquable [Nombres 12.3], intercéda en faveur du peuple. Ceci annonce deux vérités.
Tous les hommes méritent d’être détruits. Nous sommes tous pécheurs, et le salaire du péché, c’est la mort [Romains 6.23].
Mais aussi, cet événement annonce que la réalisation du plan de Dieu de se faire un peuple passe par la médiation d’un homme. Moïse préfigurait Jésus-Christ. Notre Seigneur a aussi intercédé pour nous, mais Jésus-Christ a fait quelque chose que Moïse n’aurait pas pu faire. Jésus-Christ a donné sa vie pour nous.
La proposition que Dieu fit à Moïse n’insinue pas que Dieu peut changer d’idée, contrairement à ce qu’on pourrait conclure. Dieu punit toujours le péché. Il ne change pas. Dieu est toujours en colère contre le pécheur. Il ne change pas. Mais Dieu est aussi toujours plein de compassion pour ceux qui sont au bénéfice de l’œuvre médiatrice de son Fils. Il ne change pas.
Père céleste, nous te louons pour la médiation de ton Fils. Il est vraiment le souverain sacrificateur dont nous avions besoin. Amen !
Daniel Durand
pasteur de l’Église réformée baptiste de Drummondville
