​MÉDITATION DU 6 DÉCEMBRE 2025

6 DÉCEMBRE 2025

 

Lecture : Psaume 134

 

Ce psaume est un appel
à bénir, à louer le Seigneur. Mais que signifie louer ? Il s’agit de
proclamer qui est Dieu, de reconnaître ses bontés à travers ses œuvres. Au-delà
des simples mots, il s’agit d’une proclamation qui est l’expression d’un cœur
d’adorateur.

 

Dans la revue « Christianisme aujourd’hui »
[édition du 23 octobre 2006], un article résume une étude portant sur une série
de recueils bien connus dans toute la francophonie. Le titre de cet article est
« Notre louange est-elle devenue narcissique ? » Voici quelques
affirmations tirées de cet article.

 

« Placés sous la loupe, les
paroles des 837 chants publiés en trente ans traduisent une évolution vers une
louange qui s’est décentrée de Dieu pour se focaliser sur l’individu, ses
attentes et ses demandes. »

 

« Les
chants basés sur des textes bibliques ont notablement reculé [33% à 13% entre
les chants écrits avant 1980 et ceux composés dès 1990]. »

 

« Enfin,
les chants qui ne parlent que de Dieu ont disparu dès 1995, alors que
l’adorateur lui-même prenait toujours plus de place dans les paroles des
chants. »

 

Personnellement, je
partage l’essentiel de cet article.

 

Alors que le culte,
par définition, doit être tourné vers Dieu, nous assistons souvent à un
décentrage où, peu à peu, on laisse de moins en moins la place à Dieu pour se
centrer sur nos goûts, nos aspirations, nos besoins, etc.

 

Un culte où Dieu n’est
plus le centre, le but, n’est-il pas un anti-culte ? Ou encore un culte de
l’homme ? Ne devrions-nous pas considérer alors ces pratiques comme une
usurpation de l’honneur dû à Dieu seul ?

 

Un directeur d’une
revue chrétienne aux États-Unis qualifie la situation courante dans les cultes
évangéliques de « Mac-Worship », faisant ressortir que le culte a été
rendu au goût du jour, bon marché ou trivial. Mac pour la chaîne de
restauration rapide bien connue. C’est du clientélisme.

 

De son côté, Kent
Hughes a écrit : « L'hypothèse tacite, mais de plus en plus
courante, de la chrétienté actuelle est que le culte est avant tout pour nous –
pour répondre à nos besoins. Ces services de culte sont axés sur le
divertissement, et les adorateurs sont des spectateurs non engagés qui évaluent
silencieusement la performance. De ce point de vue, la prédication devient une
homilétique de la prédication consensuelle – qui répond à des besoins ressentis
-, un programme conscient de l'homme plutôt que de Dieu. Une telle prédication
est toujours d'actualité et jamais textuelle. Les informations bibliques sont
réduites au minimum et les sermons sont courts et pleins d'histoires. Tout ce
que l'on soupçonne de mettre mal à l'aise le marginal est retiré du service.
… Prise au nième degré, cette philosophie inculque un tragique égocentrisme.
C'est-à-dire que tout est jugé en fonction de la façon dont il affecte
l'homme. »

 

Ce psaume de 3 versets
répète à 2 reprises l’injonction de louer [bénir] le Seigneur. Dieu veut que
son peuple le loue.

 

À 3 reprises Paul le
rappelle en Éphésiens 1 : « …afin que nous servions à célébrer la
gloire de sa grâce… » [Éphésiens 1.6, 12, 14]. Voilà les vrais adorateurs
que le Seigneur recherche.

 

C'est-à-dire que le
but ultime de notre salut n’est pas notre bien-être mais que nous puissions
célébrer le Seigneur, louer son nom.

 

Frères et sœurs. Je
prie le Seigneur qu’il tourne nos pensées et nos cœurs vers lui. Que nos cultes
soient autant d’occasions de lui rendre tous nos hommages, lors de nos cultes
personnels, nos cultes en famille, et nos cultes en Église.

 

Le psaume 134 utilise
le mot bénir une 3e fois [v. 3]. Mais cette fois, c’est Dieu qui
bénit son peuple.

 

Lorsque nous bénissons
Dieu, nous proclamons tout le bien qui définit sa personne et tout ce qui
révèle tous ses attributs. Et lorsque Dieu nous bénit, il dit aussi du bien
pour nous. Mais parce que sa Parole est créatrice, ce qu’il dit se réalise dans
nos vies.

 

Celui qui bénit
l’Éternel est à son tour béni par l’Éternel [v. 3]. C’est le principe selon
lequel celui qui cherche d’abord le royaume et la justice sera béni par Dieu
[Matthieu 6.33].

 

Il ne s’agit pas de
chanter pour s’attendre à tout recevoir. Il s’agit que notre louange soit
l’expression d’une vie consacrée au Seigneur, tournée vers lui.

 

Seigneur Dieu,
donne-nous des cœurs tournés vers toi, vers Jésus-Christ. Que nos vies soient
des cultes vivants à chaque instant [Romains 12.1-2]. Amen !

 

Daniel Durand, pasteur de l’Église réformée baptiste de Drummondville

 

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Daniel Durand, pasteur

Église réformée baptiste de Drummondville

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