MÉDITATION DU 9 JANVIER 2023
9 JANVIER 2023
Lecture
: Psaume 55. Veuillez noter que la numérotation des versets diffère d’une version
à l’autre.
David
était très souffrant lorsqu’il écrivit ce psaume. Il demande à Dieu de ne pas
se dérober à sa prière [v. 2-3a], rappelant l’exigence même de Dieu [Deutéronome
22.1-4 où le mot hébreu revient 3 fois] dans nos relations les uns envers les
autres. Ce que Dieu nous demande, c'est-à-dire ce qui est stipulé dans sa loi,
reflète sa sainteté, ce que lui-même fait [Galates 4.4]. Dieu nous demande de
prendre soin des malheureux, ce qu’il fait lui-même.
David
est persécuté et sa vie est menacée [Psaume 55.4]. Les ennemis viennent de
l’extérieur de son peuple, mais aussi de l’intérieur [v. 13-14].
Le
psalmiste décrit tout ce qu’il ressent dans son âme et dans son corps [v. 3b-6].
Le chrétien peut éprouver de la détresse. Paul a connu l’accablement [2
Corinthiens 1.8], la détresse [2 Corinthiens 4.8], les angoisses [2 Corinthiens
6.4], la tristesse [2 Corinthiens 6.10]. David mentionne l’impact des épreuves
sur son corps. Son cœur tremble [Psaume 55.5], il frémit [v. 6]. On entend
parfois, et à tort, qu’un chrétien est au-dessus de ces choses, qu’il ne sera
pas atteint par ces circonstances troublantes. Les Écritures nous rappellent
que nous ne sommes pas désincarnés, nous vivons encore dans cette
« tente » fragile, lieu de nos gémissements [2 Corinthiens 5.2, 4].
Il
y a des souffrances que le chrétien s’inflige lui-même par son péché. Mais il y
a aussi des souffrances où le chrétien est victime de la méchanceté des autres,
comme Alexandre le forgeron envers Paul [2 Timothée 4.14]. David se trouve dans
ce genre de souffrance [Psaume 55.4].
Il
ne cherche pas à jouer les super-héros, mais il reconnaît plutôt combien ça
l’atteint [v. 5-6]. Il aurait le goût de fuir [v. 7-9, comme Élie, 1 Rois 19.3].
Combien de fois avons-nous le goût de fuir le peuple de Dieu pour se
protéger ? Cette pensée se comprend mais ne règle absolument rien pour
plusieurs raisons. Fuir le peuple de Dieu, c’est laisser toute la place aux
méchants. Fuir le peuple de Dieu, c’est laisser tomber les autres fidèles,
c’est se désolidariser. Fuir le peuple de Dieu, c’est quitter le lieu
d’édification voulu par Dieu. Le Seigneur ne nous forme pas en dépit des
injustices que nous traversons mais plutôt en utilisant ces injustices. La
fuite n’est pas une solution. Elle est un autre problème ajouté au premier.
David
a le bon réflexe de se réfugier en Dieu plutôt qu’en ses propres solutions [v.
10]. Comme Dieu le fit à Babel [il avait divisé le peuple], il prie que le
Seigneur fasse encore de même. L’intervention divine à Babel visait à limiter
les hommes dans leur projet d’opposition à Dieu. C’est la prière de David face
aux méchants.
Les
murailles de la ville avaient la fonction de protéger le peuple. Mais là, elles
sont occupées par la méchanceté [v. 10-12]. La menace vient de l’intérieur [v.
13-14] et peut dégénérer en autodestruction. Peut-être David a-t-il toujours en
tête son propre péché envers son compatriote Urie.
La
vraie muraille du chrétien est l’Éternel. Il est notre rempart [Proverbes 10.29].
Celui
qui détruit sera détruit [v. 16]. La mort les attend, avec le rappel des gens
de Qoré qui furent engloutis dans la terre [Nombres 16.30-33]. Funeste
avant-goût de l’enfer.
En
se confiant au Seigneur [v. 17-18], David trouve la paix de Dieu [v. 19] qui
surpasse toute intelligence [Psaume 55.19, cf. Philippiens 4.7]. Ceux qui se
réfugient dans leurs propres pensées, ceux qui appliquent leurs propres
solutions ne goûtent pas à la paix de Dieu. Se confier en l’Éternel implique de
se confier dans ce qu’il dit en appliquant sa Parole.
Les
imposteurs qui s’introduisent parmi le vrai peuple de Dieu ne craignent pas
Dieu [v. 20] et rompent leurs engagements [v. 21]. Leurs paroles sont soignées
mais en réalité, elles ne mènent qu’à la destruction [v. 22].
La
réaction du croyant est de se confier en Dieu sachant qu’il soutient les siens [v.
23] alors que les méchants sont envoyés par Dieu dans la condamnation [v. 24]. Nous
devons apprécier toute chose en fonction de la finalité.
Ô
Seigneur, merci de ne pas te dérober à nos supplications. En Jésus-Christ, tu
es venu secourir le malheureux qui crie à toi. Tu vois nos agissements, nos
états d’âme, les perturbations de notre cœur. Rassure-nous par ta bonne Parole.
Puissions-nous trouver notre paix en toi seul. Amen !
Daniel Durand, pasteur de l’Église réformée baptiste de
Drummondville
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